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Maroc

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La fournaise berbère

La première impression est souvent celle qui reste. Quand je suis débarqué de l’avion, il faisait 45 degrés.  L’air sec m’a tout de suite enveloppé et j’ai commencé un processus de sudation intense qui ne s’est arrêté qu’une semaine plus tard. Alors pour moi, le Maroc est un pays où il fait très chaud. C’est aussi un pays à très forte majorité musulmane, et je me suis souvent dit que si je hurlais à la moindre vue d’un foulard, j’aurais passé mon séjour la bouche ouverte. Comme à tous les endroits où je suis allé, c’est évidemment une société complexe, et il faudrait vraiment que j’y séjourne plus de quelques jours pour pouvoir en parler intelligemment.

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Tout oublier

J’habite dans un hôtel avec de hauts plafonds, une grande piscine entourée de gens qui rient comme on fait quand on est en vacances, c’est à dire un peu trop fort. Bref, je n’ai aucune raison de ne pas me reposer efficacement en cette journée de congé.  J’ai rangé mes affaires bien comme il faut dans ma chambre, repassé trois chemises, et je suis sorti profiter de Marrakech avec un bouquin et une bouteille d’eau. Dix minutes. Ça fait dix minutes que je marche dans le souk en me croyant au bout du monde, quand j’entends mon nom prononcé par une voix familière. Sûr de son effet, David, une caméra à la main, attend que je me retourne et que je voie son visage hilare. À côté de lui, Yvonne est tout aussi surprise que moi. Il y a un an, jour pour jour, nous étions dans un autre lieu exotique pour la série « Le Sexe autour du Monde ». Aujourd’hui, ils tournent un épisode de « Partir autrement en famille ».On se serre dans nos bras en se remémorant nos joies et nos misères de l’an dernier, puis ils repartent pour faire ce que je ferai demain: tourner un épisode d’une série documentaire au Maroc pour TV5.

Beuh…

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Tout oublier (bis)

J’ouvre les yeux péniblement. Je ne sais pas où je suis. Allons, Sherlock, fais travailler tes méninges. De l’autre côté de la vitre, la grosse face du Colonel Sanders me fait un sourire invitant. Je suis peut-être au Kentucky? Une affiche précise que le poulet est hallal. Je ne suis certainement pas au Kentucky. Autour de moi, le décor bien familier d’une camionnette de production. C’est la nuit. On tourne de nuit? Je me touche la poitrine et ne trouve pas de micro. On ne tourne pas de nuit. Mes oreilles bourdonnent, j’ai soif, les objets deviennent flous si je tourne la tête trop vite. Élémentaire, mon cher: je suis saoul. Une bouillie d’images pêle-mêle me revient. De la musique house, des tout petits verres pleins de liquide qu’on boit vite, de plus gros verres avec d’autres liquides qu’on boit moins vite. Deux femmes en bikini sur une scène avec de gros serpents lovés autour du cou (ou une seule femme avec un serpent que je vois en double). La porte du PFK s’ouvre pour laisser sortir la joyeuse troupe de tournage aux doigts graisseux, qui monte à bord de la fourgonnette en parlant fort, ce qui ajoute à mon supplice. Ça va, je me souviens de tout maintenant. J’ai peut-être fêté la dernière journée au Maroc un peu fort. Demain, je me convertis à l’islam. Dans la religion locale, il paraît qu’il est interdit de boire de l’alcool.

Dans la salle d’attente du salon de beauté

Scènes de rues

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Bèèèèh!

Toute la viande que j’achète arrive chez moi dans une barquette en styromousse emballée trois fois plutôt qu’une. Comme tout le monde, j’oublie que mon steak haché a déjà fait « meuh, meuh ». Alors un animal, pour moi, c’est un ami avec lequel on joue ou, à la rigueur, sur lequel on se déplace. Alors quand j’ai vu la chèvre AMARRÉE à un pieu à l’entrée de la maison où j’allais assister à une circoncision, je lui ai tout de suite tendu une main qu’elle a léchée goulûment. Je l’ai grattée derrière l’oreille (elle aimait ça), j’ai joué avec ses cornes (elle n’aimait pas ça) et nous avons discuté de nos vies respectives (elle était plutôt laconique). Même si on ne se connaissait que depuis quelques minutes, j’ai tout de même eu un choc quand quatre hommes se sont emparés, qui de ses pieds, qui de sa tête, et l’ont plaquée au sol. Puis, sous mes yeux agrandis par la surprise, un des messieurs barbus a sorti un long couteau et, sans hésitation aucune, lui a tranché la gorge d’un geste vif.

J’ai appris plusieurs choses dans les minutes qui ont suivi. Premio, une chèvre, ça contient beaucoup de sang, comme en a témoigné la flaque de liquide écarlate qui ne cessait pas de s’étendre. Deuxio, même si la tête de l’animal est presque complètement séparée de son corps, il peut toujours foutre un coup de sabot à l’imprudent qui se tient trop proche. Et tertio, une chèvre, même une chèvre dont on est très proche: c’est excellent.

La technique de la mâchoire désaxée

Party de circoncision

Quand ça ne brâme pas, ça broute